Posté par: Juliane Mariano Catégorie: Articles, Entrepreneuriat Mots clés: , , Date de publication: 6 mai 2020

Edition spéciale : Les entrepreneurs durant le COVID-19 avec Thierry LAUZEA

Edition spéciale : Les entrepreneurs durant le 

COVID-19 : Thierry LAUZEA 

A la rencontre de Thierry LAUZEA, qui à travers son témoignage nous fera découvrir son parcours. Il est co-fondateur et directeur général de la chocolaterie LAUZEA. Il nous livre ses ambitions et sa vision de son activité pendant et après la crise. 

Peux-tu nous parler de ton parcours ? 

●Je suis Thierry LAUZEA, j’ai 51 ans et je suis co-fondateur et directeur général de la chocolaterie LAUZEA. 

●Après un Bac Scientifique j’ai effectué une prépa HEC puis j’ai intégré une grande école de commerce sur Bordeaux (l’INSEEC) sur 3 ans. 

●Une fois diplômé, j’ai tenté une aventure sur Paris pendant la 1ere guerre du Golfe qui a été assez chaotique alors je suis rentré en Martinique. J’ai commencé à travailler chez AEM Industrie qui fabrique les margarines Stella. Par la suite, j’ai rejoint le groupe DESPOINTES sur la partie « agence de marques ». Au bout de 10 ans, j’ai créé ma propre chocolaterie, que j’ai lancée en Décembre 2004. 

Pour ce qui est de mon objectif à long terme, j’aimerais faire de la Martinique une très belle terre de cacao d’excellence. Ce serait vraiment mon but ultime. 

Comment vis-tu la crise sanitaire ? 

Pour ma part, j’ai vécu cette crise en plusieurs étapes. La première, fut celle de l’incompréhension, de l’interrogation en début Février lorsque le virus a commencé à s’installer. 

Puis la deuxième étape a été la prise de conscience, lorsque que l’on s’est rendu compte que le virus allait très probablement nous concerner. Je suis donc rentré en Martinique début Mars. 

La troisième étape est le coup de massue, avec des phénomènes de peur, de fuite, d’évitement en interne. J’ai compris la gravité de la situation mais j’ai gardé la tête froide, je me suis dit : « Ce n’est que 15 jours, ça passe vite ». 

Mon premier réflexe a été de nous protéger. Les magasins ont été fermé dès le premier jour, lundi 16 mars. J’ai vidé entièrement le magasin de Didier et effectué les démarches administratives afin de mettre mes employés en chômage partiel. Un magasin est resté ouvert mais gardé sous responsabilité directe. 

Je dois avouer qu’au début j’ai pris cela avec beaucoup de légèreté, mais plus les choses avançaient, plus on allait vers l’inconnu. Puis par la suite, la crise s’est prolongée sur la période de Pâques, période ou je réalise 25% de mon Business. C’est ainsi que j’ai vraiment réalisé l’ampleur de la situation et du manque à gagner. Ainsi, sur la période où j’allais faire du profit, je suis condamné à ne pas en faire. 

La quatrième étape a été le rebondissement face à cette situation. En effet, j’ai décidé d’y faire face, j’avais la chance de faire partie des magasins autorisés à fonctionner donc je me suis dit « Trouve tes solutions et limite la casse ». J’ai appelé les clients fidélisés, communiqué sur les réseaux et j’ai effectué (et effectue encore aujourd’hui) la livraison des clients à domicile. J’étais dans l’action. Sur la période de Pâques j’ai perdu 40% du business avec une équipe hyper restreinte (1.5 au lieu de 6 employés). La productivité était donc malgré tout au rendez-vous. 

La fréquentation a bien évidemment, fortement diminuée avec une baisse de 50%, preuve que le chocolat n’est pas un produit indispensable. 

Peux-tu nous présenter ton activité en ce moment et en quoi la crise sanitaire liée au COVID-19 l’a impactée ? 

J’ai une activité de confiserie en ce moment à savoir de chocolat et pâte de fruits, mais aussi de cosmétiques avec une marque nommée ICHALI et d’alcools. 

Concernant le chocolat, il fait du bien au moral, certes, mais ce n’est pas un élément vital. Il en est de même pour les pâtes de fruit qui relèvent plus de la douceur, du plaisir gustatif, que de la nécessité. Les cosmétiques encore moins et pareil pour l’alcool. Tout comme le chocolat, l’alcool n’est pas indispensable, même si, en cette période anxiogène, c’est un bon refuge pour certains. 

La crise sanitaire a impactée mon activité dans le sens où l’on n’a pas forcément besoin de ces produits. Il faut montrer au client qu’ils peuvent en avoir accès, venir dans nos magasins ou se faire livrer à domicile.

Comment y fais-tu face ? As-tu revu tes méthodes de travail ? 

Afin d’y faire face, nous avons dû accentuer notre communication et nous mettre à la proximité du client, notamment sur les réseaux sociaux. De plus, j’ai revu mes méthodes managériales en proposant des visioconférence pour garder le lien entre collègues. 

Comment garder le lien avec la clientèle ? 

Afin de garder le lien avec la clientèle, il est nécessaire de casser les barrières et d’avoir une relation directe avec le client. Cette stratégie comporte quand même quelques points négatifs notamment le caractère intrusif chez le client. Cependant, ceux-ci sont relativement contents et satisfaits par ce contact direct ce qui nous pousse à continuer dans cette voie. 

Comment imagines-tu le déconfinement, le retour à la normale ? 

Aujourd’hui je réfléchis beaucoup au « Après » à savoir comment combler le manque à gagner. Plusieurs solutions s’offrent à moi : obtenir une aide du gouvernement concernant les mesures de chômage partiel, ou alors délester la société pour ne pas faire couler l’entreprise ou innover et diversifier ma production pour créer suffisamment de valeur à notre produit (confiserie, confiture…). L’objectif serait de créer de nouvelles choses pour pouvoir passer le cap et intégrer de nouveaux clients et de nouveaux marchés. 

Mon tempérament me pousserait plus à opter pour cette troisième stratégie de conquête et d’innovation pour faire repartir l’entreprise, d’autant plus que je n’ai pas envie de me défaire de mes collaborateurs. 

Pour ce déconfinement, je compte donc dans un premier temps protéger mes salariés et reprendre une activité normale. Dans un second temps, protéger l’entreprise et par la suite développer, repartir et innover. 

As-tu un message motivant à faire passer, des astuces, des conseils à partager ? 

Il faut retenir de cette crise qu’il faut sortir des sentiers battus et faire preuve d’humilité à tout moment. En effet, rien n’est jamais acquis et tout peut s’écrouler en un instant, on le voit bien aujourd’hui. De plus il faut également faire preuve d’empathie et savoir accepter l’autre dans les moments difficiles. 

Ecrit par Camille SAUVEUR, membre du pôle communication de l’ACPA.

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