Posté par: Juliane Mariano Catégorie: Articles, Entrepreneuriat Mots clés: , , , , , Date de publication: 7 mai 2020

Edition spéciale : Les entrepreneurs durant le COVID-19 avec Philippe ANDRÉ

Aujourd’hui pour notre 3ème interview, nous partons à la rencontre de Philippe André qui a intégré l’ENSIA (École Nationale Supérieure des Industries Agricoles et Alimentaires)  puis a parfait sa formation en y ajoutant une double compétence en management à  l’ESSEC. Aujourd’hui directeur de la Sucrerie du Galion, contrairement à d’autres secteurs, son activité ne s’est pas arrêté durant le COVID-19 mais il a dû s’adapter à la situation. 

Peux-tu nous parler de ton parcours ? 

  • Je suis Philippe ANDRÉ, 56 ans et directeur de la Sucrerie du Galion. Après le concours Itech, j’ai intégré l’ENSIA (École Nationale Supérieure des Industries Agricoles et Alimentaires) en prépa intégrée. Après cela, j’ai intégré l’ESSEC Business School afin de compléter ma formation en management. Aujourd’hui, je suis ingénieur Agroalimentaire. 
  • Mon entreprise est constituée de 90 personnes mais l’usine a principalement une activité saisonnière calquée sur la récolte de la canne. C’est pourquoi j’embauche beaucoup d’emplois saisonniers et à durée déterminée durant cette période.
  • Mon objectif à long terme est d’assurer la pérennité de la filiale « Sucre » et le maintien du développement de la canne. Ainsi, la sucrerie du Galion fait partie de l’ensemble « Canne, Sucre, Rhum » rassemblant 170 producteurs et 4000 hectares de canne à sucre répartis sur tout le territoire. Ainsi , 3000 emplois sont générés par cette filiale. 

Comment vis-tu la crise sanitaire ? 

Contrairement à un certain nombre d’activités, le secteur de la production sucrière est autorisé à fonctionner. Ceci, à condition de respecter les mesures de sécurité instaurées par le gouvernement, à savoir une distanciation d’un mètre entre les employés, le lavage régulier des mains, la suppression des réunions de plus de 5 personnes et la suspension de l’accès au site aux personnes extérieures. De plus, nous avons supprimé toute activité touristique jusqu’à nouvel ordre et contrôlons la température de toutes les personnes entrant sur le site de production. 

En effet, le secteur de la canne est un des secteurs dominant en Martinique, nous nous devons donc de continuer l’activité économique. D’autant plus que, comme je l’ai dit, notre activité est plutôt saisonnière et nous sommes en pleine saison de récolte de la canne, saison qui se situe entre Février et Juin. Il est donc impératif d’effectuer ces récoltes à cette période.

Alors comment je vis cette crise ? Je dois donc dire que je vis cette crise plutôt bien comparé à d’autres entreprises, qui elles, ont cessé toute activité économique. Même si, bien sûr, on ressent les conséquences de cette crise sanitaire au sein de la distillerie et qu’une certaine crainte s’est instaurée. Je pense que nous resterons en alerte au minimum jusqu’à fin 2020.

 Peux-tu nous présenter ton activité en ce moment et en quoi la crise sanitaire liée au COVID-19 l’a impactée ? 

En ce moment l’activité de l’Usine sucrière du Galion est, comme son nom l’indique, de produire en grande majorité du sucre. Nous produisons principalement du Sucre de Canne local classique, comme l’on en trouve en grande distribution, mais aussi toute une gamme variée de sucres comme du sucre aromatisé à la vanille, à la cannelle, au citron… Mais nous produisons aussi du sirop de canne et du sirop de Batterie.  

Comme je l’ai dit plus haut, malgré le COVID-19, notre activité continue à fonctionner et nous avons donc pris les mesures nécessaires afin de protéger nos employés en usine.  

Comment y fais-tu face ? As-tu revu tes méthodes de travail ? 

Evidemment, cette crise nous a poussé à revoir notre façon de travailler. Les réunions physiques qui autrefois se faisaient à 15 personnes se font aujourd’hui à maximum 5 personnes dans le respect des distances de sécurité. Les appels téléphoniques sont privilégiés ainsi que les réunions en visioconférence et WhatsApp. Bien évidemment, le télétravail est impossible car le sucre est produit à l’usine même.

Je dirais que dans toute activité, il y a une part de risque important. On est dans un avenir de plus en plus incertain où le danger est de plus en plus courant. Aujourd’hui tout va bien, demain un cyclone peut tout dévaster et ravager les plantations de canne. L’important est de savoir gérer le risque et savoir se reconstruire.

La crise nous montre aujourd’hui qu’on est capable d’intégrer le risque et de vivre avec.

 As-tu un message motivant à faire passer, des astuces, des conseils à partager ?

Mon message est le suivant : Ne jamais baisser les bras !!

En effet, il est nécessaire de retenir des leçons que la vie nous donne et apprendre des épreuves pour être mieux armé contre les crises futures. Il faut prendre du recul et être positif, il y a toujours une issue à tout.

Ecrit par Camille SAUVEUR, membre du pôle communication de l’ACPA.

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